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Inauguration de la mairie en 1890

Micheline raconte 

Une Balade dans le village de Gagny 

2eme partie 

L’Inauguration de la Mairie 

Après cette visite du 7 octobre 1890 dans le village, par nos jeunes mariés, le soir bien fatigués et après avoir exécuté leurs travaux de métayer, ils soupèrent et allèrent se mettre au lit,  Pierre doit  se lever très tôt demain et Louise, doit   se rendre au Château. 

Pendant que la vie se poursuit dans le village et ses environs, Monsieur Léon Bry depuis l’an 1889  tire des plans sur la comète, il a été informé de la vente du Château Laugier Villars et il se dit que cela serait tout à fait bien de l’acquérir et de le transformer en Mairie.  L’ancienne mairie serait quant à elle transformée en école car celle existante devient vraiment vétuste pour les petits villageois. Il  lance cette proposition lors d’un conseil municipal. 


 

Monsieur Léon BRY,  Maire de la commune de Gagny, et après en avoir discuté avec son conseil municipal, décide de se mettre en quête pour trouver une solution afin de  déplacer la mairie actuelle, beaucoup trop exigüe, et en même temps de pouvoir agrandir l’école qui est dans la même situation. Le village s’est considérablement étoffé depuis quelques années. 
La Château du Comte de Laugier Villars  a été vendu  à Monsieur et Madame Peretmère en 1880 et il se trouve qu’ils décident de  mettre en vente le château et le domaine en 1889. 

Très belle gentilhommière,  construite par François Normand en 1715, avocat  au Parlement de Paris Domaine appartenant dans un premier temps à Marguerite Anne Des Michels de Champourcin, épouse du Comte Louis Antoine de Laugier Villars, leur fils Henri, Louis  fut nommé Maire de Gagny par arrêté préfectoral le 25 mars 1813. Il démissionne en 1815 et c’est le Baron Roger qui prit les fonctions de Maire  le 15 Octobre 1815. 

Un conseil municipal extraordinaire est organisé,  et d’un commun accord  il est décidé de se mettre sur les rangs des acquéreurs.  La propriété  est en vente pour la somme de 100.000 francs, 6 très belles pièces, les  écuries et les dépendances qui permettraient  d’installer la brigade de gendarmerie à cheval, et surtout le Parc qui pourrait accueillir les  festivités dans l’année. Mais les projets de Monsieur  Léon Bry ne sont pas très bien accueillis par la population. 

Une enquête publique pour l’acquisition en vue de la mise en place de la nouvelle mairie sera tenue : les lundi 18, mardi 19 et mercredi 20 février 1889. 

Cette enquête publique révèle que la population n’est pas d’accord   pour la majorité mais,  attendons les souhaits de tous les  Villageois. 

Le Procès- verbal d’enquête de commodo et incommodo  sur le projet d’acquisition d’un immeuble par la commune pour y établir la mairie et transformer l’ancienne mairie en nouvelle école maternelle est rédigé. De nombreux Villageois se manifestent pour lire la proposition d’acquisition. Certains s’inquiètent, ils ont peur que cela déclenche une très grande augmentation d’impôts, d’autres en discutant soulignent que la mairie actuelle est bien suffisante pour le village.  Le Maire a des idées de grandeur il va se prendre pour «  un châtelain » !!! Au sein du Conseil Municipal,  les plus opposés sont Messieurs Jacquet et Frambois. Monsieur Léon Bry a précisé  très souvent qu’actuellement   il y avait 3200 âmes et qu’il fallait compter d’ici peu de temps au moins 4000 pour les années à venir mais rien ne les faisait fléchir : droit dans leurs bottes… 

Dans cette opposition ferme,  nous trouvons les signatures : de Monsieur ARNAULT Paul  Pharmacien, complètement opposé, Messieurs ELIOT Frédéric Propriétaire du quartier de l’Epoque qui trouve que c’est absolument inutile, TROUBLE  Alfred  fruitier de profession, DAUPHIN Alexandre champignonniste,  Paul Royer fabricant de plâtre . Mais heureusement il y en a qui sont vraiment du côté de Monsieur Léon Bry et eux trouvent que c’est une excellente idée et signent des deux mains : Messieurs DENOS Léon pâtissier, GUYOT jules charretier, Les frères ALEXANDRE Eugène et Edouard et LANDRE Jean jardinier et bien d’autres signatures tout aussi emballées pour ce projet .. 

A cette époque il faut remarquer que ce ne sont que des Messieurs qui se manifestent !! Ces dames ne sont pas sollicitées pour donner leur avis. Petite constatation d’une femme : «  ce n’était pas l’époque… » Il en résulte  à la fin de l’enquête publique qu’il y a  119   pour et 91 contre. 

La décision sera prise le 20 février pour l’acquisition du Château Laugier-Villars. Le conseil municipal se réunit et  par une délibération du 2 avril 1889 décide de l’acquisition de cet édifice pour y installer la nouvelle mairie pour la somme de 70.000 francs. 

Monsieur le Maire et son Conseil Municipal sont heureux et vont préparer une grande fête pour l’Inauguration. L’annonce est faite par voix d’affiche  dans la ville l’INAUGURATION aura lieu 

 le 12 octobre 1890 à midi, devant le Château de Monsieur Laugiers-Villars qui deviendra à cette occasion
la Mairie de Gagny, tout un programme pour ce petit Village près de Paris. 
De nombreux Villageois se manifestent pour lire la proposition d’acquisition 

La vie et le travail continuent en attendant de pouvoir aller assister en spectateurs avec les autres villageois à l’inauguration de la nouvelle mairie. Les habitants se passent le mot de bouches à oreilles pour s’y rendre, car ce  doit être une cérémonie tout à fait extraordinaire pour de petites gens comme Louise et Pierre ainsi  que pour tous les cultivateurs, vignerons, fermiers des environs. Une grande fête se prépare et les abords de la future mairie sont  en effervescences.  Installation de banderoles, préparation d’une estrade afin que les autorités puissent faire leur discours. A l’intérieur, préparation des salles ainsi que la mise en place de cocardes, drapeaux afin d’honorer le Président de
la République, ce n’est pas tous les jours qu’il vient à Gagny. 


La Châtelaine  du Château de Maison Blanche Madame Teusch réunit ses gens de maison pour leur donner des instructions concernant cet évènement. Au château ce jour là, il est prévu le soir, un grand diner pour fêter cet événement avec des invités de la région , en particulier le Maire de Neuilly sur Marne avec qui les relations sont les meilleures. Monsieur Georges  Rémond, les famille Alexandre , Barthelemy, Guichard, et bien d’autres.                             Le Château est en ébullition et les femmes de service aussi ! Louise aidera comme toujours la cuisinière pour confectionner ses délicieuses préparations 

Mais pour Louise c’est un grand jour venant de son Village de
la Haute-Saône, elle n’avait jamais eu l’occasion de voir ou d’apercevoir le Président de
la République . Elle pense qu’il va lui falloir une toilette présentable pour se rendre avec tout le monde devant cette nouvelle mairie. Elle pense que sa jupe en coton noir et sa belle blouse blanche seront correctes et sur sa tête une coiffe de sa région qu’elle porte pour faire connaître ses origines, Pour Pierre le costume de marié fera l’affaire, il va sentir un peu la naphtaline, mais qu’importe, ils seront à l’extérieur..  Dans leurs travaux quotidiens ils ne pensent plus qu’à ça. Contents car ils vont pouvoir rencontrer d’autres métayers de Gagny, des vignerons et peut-être se faire de nouveaux amis. Pierre originaire d’une famille de cultivateurs dans le centre de Gagny connaît déjà certains fermiers, et c’est toujours un plaisir de se revoir, il se réjouit de  retrouver des jeunes gens qu’il a côtoyé dans son enfance et il en profitera pour faire admirer sa jolie petite Louise dont il est très fier , d’autant que profitant de  cette même occasion, ils annonceront qu’un héritier arrivera début de l’an prochain en 1891…

                                                   Le 12 octobre 1890 à Gagny

 Les distractions sont rares et il ne faut pas manquer l’occasion. 

Le jour « j » arrive tout le monde se dirige vers  l’ancien Château, les invités se pressent pour saluer le Maire ,  les Notables , le Médecin arrive avec sa calèche et sa valisette de soins, pressentant qu’il y aurait peut-être des malaises dans la foule. Les villageois en grande tenue approchent avec beaucoup de discrétion, ils ne sont pas habitués mais ils veulent voir le Président de
la République Monsieur Carnot .
 « SADI Carnot né le 11 aout 1837 à Limoges , décédé le 11 aout 1894 à Lyon . 5eme Président de
la République du 3 décembre 1837 à la date de son assassinat le 25 juin 1894 à Lyon
 » 

 On peut apercevoir les dames du village habillées et chapeautées comme pour une noce, les messieurs sont endimanchés,  bien souvent comme pour Pierre dans leur costume de marié, (devenu un peu étriqué avec les années passées) et qu’ils ne mettent qu’aux enterrements ou pour cette occasion exceptionnelle. Il fait une  belle journée d’automne,  les arbres se sont revêtus de leurs feuilles rousses pour honorer cette fête. Le décor est planté. Un peu avant midi le vrombissement d’un moteur se fait entendre, tous se pressent pour voir.  Des murmures et exclamations surgissent : 

« c’est le Président Carnot » accompagné de son Ministre de l’intérieur Monsieur Constans.  Le préfet de Seine et Oise Monsieur Bargeton et son sous -Préfet Monsieur Druard, arrivés peu de temps avant.  Monsieur Léon Bry, fier et en grande tenue les accueille avec émotion. Pour lui c’est un grand jour… A midi, la cérémonie commence sur l’estrade installée à cet effet, Les discours se succèdent et chacun de ce public de villageois boit les paroles de cette haute sphère. 

Après les discours de cette Inauguration en grande pompe, les villageois en très grand nombre sont invités à prendre un petit verre d’amitié et surtout signer le grand registre afin d’y laisser une trace de cette journée. Ils   pénètrent pour la première fois dans cette demeure seigneuriale devenue  maintenant leur Mairie.  On peut voir les familles Alexandre, Guichard, Guillet, Guérin, Jacquet , Pavy, Mme Emma-Arnoult de Chicago Gills Vve Denos sans oublier le Curé de
la Paroisse Saint Germain, Jean-Baptiste Baltus né le 28 janvier 1843 à Laix Meurthe  & Moselle, décédé à Gagny le 19 avril 1910 dans  sa charge)qui a d’ailleurs fait sonner les cloches à 12 heures précises à toute volée.  Des gens tout simples, même en tenue de travail car la vie continue et ils n’ont pas toujours des habits de cérémonie, mais ils sont présents  c’est l’essentiel.les villageois, ceux qui osent et savent signer déposent avec émotion leur paraphe .Après avoir bu un petit verre de vin de Gagny offert par les vignerons, et déguster quelques douceurs, tous retournent à leurs occupations. Ils ne sont pas prêts d’oublier cette cérémonie
 

tout a fait exceptionnelle et qui dans leur esprit sera surement la seule à laquelle ils assisteront au cours de leur vie simple…Des conversations sont menées à  bâtons rompus entre certains , et des questions sur le fonctionnement de leur nouvelle mairie. Comment va-t-on pouvoir côtoyer notre Maire Monsieur Léon Bry maintenant qu’il sera dans son grand Château-Mairie ?ils sont un peu inquiets, car impressionnés , tout va être changé …D’autres commencent à repartir vers leur ferme ou leur belle demeure de Gagny pour certains qui se sont déplacés des villes avoisinantes, ils repartent avec leur calèche ou  tout simplement avec une charrette aménagée en transport pour cette occasion. Louise et Pierre après s’être rafraîchi à la nouvelle mairie et avoir rencontré les amis de Pierre, et beaucoup discuté de leur avenir, des projets et ce que pourra leur apporter cette nouvelle mairie décident de continuer leur visite du village tout en se dirigeant vers leur retour. Certains sont des gens de maison du Château de Maison-Rouge qui se sentent un peu isolés sur leur montagne comme on appelle ce  lieu-dit et ou se trouve le Château, le valet de pied  Jean Lafargue, la cuisinière Angélique Gauthier et son Epoux Julien le  jardinier, une des femmes de Chambre Marguerite Guyot, l’autre partie du personnel de maison était restée au Château, ils ne pouvaient pas tous assister à la cérémonie. 

Louise et Pierre décident d’accompagner les fermiers de
la Ferme Guyot,  en profitant des chemins pour pouvoir découvrir sur
la Montagne la ferme du Château de Mont -Guichet, une bonne côte les attend mais qu’importe, ils sont jeunes et Pierre veut faire découvrir à Louise les coins et recoins de son village. Ils se dirigent sur le côté du Château Laugier Villars à sa gauche et empruntent la grimpette, ils ne sont pas très loin de
la Ferme Guyot, une des plus grosse ferme du village, les conversations vont bon train. Au détour d’un petit sentier et se trouvant sur les hauteurs de Gagny, les jeunes se séparent de Louise et Pierre qui eux continuent en empruntant le lieudit « la barrière 
verte »puis ils pénètrent par les bois dans le lieudit « Le parc de Mont -guichet » 

ils découvrent enfin le Château de Mont-Guichet, avec sa grosse ferme et  «  La laiterie ». Ils sont accueillis par les fermiers qui eux n’ont pu se rendre à cette manifestation dans le centre du village, n’étant pas assez nombreux pour laisser la ferme du château, et surtout servir les gens qui viennent chercher le bon lait de leurs vaches. Ils sont contents d’avoir des nouvelles et se réjouissent à l’écoute des explications de Louise et Pierre, qui leur décrivent le déroulement de cette fête. Ils les invitent à s’approcher pour admirer 
la Château de Mont-Guichet dont ils dépendent et sont fiers de leur faire découvrir cette belle bâtisse. 

                                                                    

Château connu par l’Abbé Lebeuf depuis 1330 qui le cite dans ses écrits. Il appartenait à la fille du roi Louis X Jeanne de Navarre, ensuite c’est le Chevalier de la croix, et en 1640 il appartient à Jacques  Boucher, Aumônier du Roi., il abritera également diverses personnalités, Jean Bodin conseiller du roi Henri III, Voltaire,  Jean-Baptiste Sylva médecin de Louis XV,  et Jean-Hyacinthe Hocquart Il se situe a une altitude de 109 mètres, point culminant du Village de Gagny, aussi haut que le château de Maison-Rouge. 

Le château sera occupé par les Prussiens en 1870 jusqu’au 20 septembre 1871, et c’est de cet emplacement qu’ils envoyaient des obus sur le Plateau d’Avron tenu par les Français, situé sur la colline en face, dans le haut village de Neuilly Plaisance. Ce domaine deviendra la propriété de Madame Hocquart pendant une longue période, En 1890  c’est   le Baron de Laumond grand père d’Armand Marquiset. 

 Armand viendra au monde dans ce château le 29 septembre 1900. Il y vécut heureux et  choyé mais devenu adulte il mène grande vie, de façon  désordonnée  dans la vie mondaine et dilapida une partie de sa fortune. La mort de sa grand-mère le perturbe et c’est à ce moment de sa vie qu’il décide alors de se consacrer aux pauvres en fondant « Les Petits frères des Pauvres » en 1946. 

Les métayers de
la Laiterie après leur avoir décrit la superbe bâtisse de leurs patrons, les invitent à prendre un grand bol de lait avec du bon pain de la ferme afin qu’ils puissent reprendre la route en direction de leur ferme de Maison-Blanche pour être présents lors de la réception donnée par Madame Teusch. Louise y est attendue pour seconder la cuisinière comme à son habitude, elle commence a être un peu fatiguée avec son ventre qui prend des formes arrondies, doucement mais surement… 
Après cette nouvelle rencontre agréable Louise et Pierre reprennent la route,  en descendant par le chemin de Mont-Guichet  bordé de tous les pruniers donnant les  « prunes noires de Gagny », et divers autres arbres fruitiers. L’automne arrive à grand pas et les feuilles des arbres se transforment en se donnant de belles couleurs rouge et brunâtre, quelques oiseaux avec leur chant mélodieux les accompagnent dans leur retour. Après quelques mètres dans le chemin de Montguichet , ils arrivent au dessus du pont de chemin de fer  enjambant la ligne  Paris-Strasbourg, ils entendent le rugissement d’une locomotive qui est toute proche avec son panache de fumée noire. Le bruit de cet engin moderne est beaucoup moins mélodieux que les petits oiseaux qui les accompagnaient pendant leur descente vers leur ferme, mais il faut subir le modernisme qui amènera de grandes choses dans la vie courante de chacun.  Ils approchent de leur ferme et aperçoivent au loin les cimes des grands arbres du Parc du Château de Maison- Blanche où le travail les attend. Mais après une si agréable journée bien occupée, fatigués, mais tellement heureux d’avoir pu discuter avec des gens de leur condition sociale et avec de la jeunesse. 

Ils attendront avec impatience le jour ou ils se rendront tous ensemble pour aller saluer  les gens de Maison du Château de Maison Rouge, et découvrir un nouveau coin de ce si joli petit village de Gagny. Louise est enchantée par toutes ces découvertes et elle ne regrette pas d’avoir suivi son Pierre pour cette région près de Paris après leurs épousailles. Maintenant attendons la naissance du bébé… 

Le Château de Maison-Rouge 

C’est sous le règne d’Henri IV que la construction d’habitation des prieurs fut entreprise dans les dépendances du prieuré des Bénédictins. Le logis bâti en briques rouge de bourgogne avec un encadrement de pierres de taille prit naturellement le nom de Maison Rouge. Le château situé sur la colline (la montagne comme la nommait les villageois) point dominant le village de Gagny , il domine également la vallée de
la Marne par des pentes assez abruptes . 
La colline par la nature de son sous sol est un réservoir d’eau qui alimentent le village en contrebas. 

Le Duc d’Orléans est propriétaire depuis 1845 . Petit château flanqué d’une tourelle ronde. Une ferme s’élevant au sud fait partie des communs. Une chapelle a été érigée ,  à la demande de Madame de Ferrary et c’est en 1663 qu’elle sera bénie pour y célébrer la messe du jour dela Saint Fiacre. 

  

                                                                                                            Micheline Pasquet Sources : 

Archives communales de Gagny  Archives départementales de Bobigny Documents : personnels et archives de Gagny 

Micheline raconte …

 UNE PETITE FILLE NEE SOUS UNE FLEUR DE LYS

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Mademoiselle Christine- Antoinette Desmares, Comédienne,  née à Copenhague en 1682 rencontra le Régent  vers 1698.

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Elle était à l’apogée de son talent, sa beauté était très remarquée, figure charmante,les yeux étincelants.  Elle jouait principalement des rôles de soubrette,  était adorée du public. Son portrait figurait encore il y a quelques années au foyer dela Comédie française.(1)  

 Elle était très admirée par le Duc de Luynes.(2) 

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Le grand succès de sa vie ne fût pas seulement le théâtre, mais les faveurs du Régent Philippe II d’Orléans avec qui elle eut une longue liaison, et donna naissance à Paris en1700 à une jolie petite fille nommée Angélique

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Cette fillette reçut au baptême le nom de Philippe-Angélique de Froissy .

http://fr-fr.facebook.com/pages/Philippe-Angelique-de-Froissy/129179870456729

             

Elle fut immédiatement enlevée à sa mère et confiée à Sieur Ponce Coche, Valet de chambre du Duc D’Orléans, homme de confiance et complice de toutes ses galanteries, et qui deviendra le tuteur de cette petite fille. Ponce Coche demeurait  à Paris  au Palais Royal , dès le printemps il partait rejoindre son épouse Anne Bédauré et les enfants à la campagne dans un Château à Gagny. 

Sa femme était une personne très dévouée  qui n’avait pu donner d’enfant à son époux et qui compensait ce manque d’affection en élevant tous les enfants illégitimes,( fruits des amours adultères du Régent ), avec beaucoup d’attentions. 

C’est à Gagny, dans la propriété du Château de Maison Blanche, vaste et beau domaine de 440 arpents (soit plus de 200 hectares) qui s’étendait aux limites de Neuilly sur Marne,  offert à Ponce Coche par le Duc d’Orléans pour les  services rendus.

C’est dans cette propriété  que se déroule   avec beaucoup de mystère l’enfance d’Angélique de Froissy. 

Cette  vaste demeure comportait  de nombreuses pièces, au rez-de-chaussée 8 pièces, au premier étage, 11 chambres et au deuxième étage 10 chambres, sans compter les cuisines, et dépendances.(3) 

Ce qui permettait à Anne Bédauré de pouvoir élever avec aisance tous les enfants adultérins du Régent, dont Charles de saint Albin.

(1, 2) source : extrait du livre « Le Maréchal de Ségur  par Pierre de Ségur »  (3) source : acte notarié, archive privée 

. 

Cette jolie petite fille à une enfance agréable entourée d’affection et sans problème. Angélique a grandi.  Après ces quelques années passées avec Ponce Coche et  Anne Bédauré dans une ambiance protégée et choyée, il a été décidé de la placer dans le Couvent de Saint-Denis . 

Elle n’en sortit qu’à l’âge de 18 ans,  elle  reçut une très  bonne instruction.  Une éducation mondaine et religieuse. Le désir du Régent était de voir sa fille entrer dans les ordres, mais tous les efforts furent vains et Angélique refusa de prononcer ses vœux. La décision alors sera prise, Il fallait donc l’établir… 

Elle ignorait jusque là, le secret de sa naissance. Par ordre exprès du Régent  qui avait interdit  de lui révéler ce secret. Pendant ses années passées au couvent, elle ne reçut jamais la visite de sa mère. Les Religieuses de Saint-Denis n’auraient pas accepté qu’une comédienne vienne perturber leur couvent .  Un jour le Régent la fit sortir de l’obscurité dans laquelle elle avait vécu jusque là,  et lui apprit lui-même qu’il était son père. Selon les dires dela Princesse Palatine 

«  lorsqu ’Angélique eut connaissance de  ce secret, elle fut transportée de joie. »(4)  D’autant plus,  surprise, qu’elle s’était imaginée être la fille du  Duc de Luynes…grand admirateur de sa mère. Après cette révélation,  elle espérait être reconnue par le Régent,  mais il fallut attendre nombreuses années, seulement en 1722 et après son mariage pour cette légitimation.( 5) 

Déçu par le refus de sa fille d’entrer en religion comme il le  souhaitait, le désir du Régent était maintenant  de voir sa fille entrer dans la vie mondaine et de lui choisir un époux. 

C’était une jeune fille très belle, comme sa maman, douce et avec de l’esprit, elle était parvenue rapidement à gagner l’affection de son père,  si bien qu’il la garda auprès de lui jusqu’à son mariage.  Il la traita avec une grande bonté. 

La vieille Duchesse d’Orléans « Madame La Palatine» comme on la nommait,  lui témoignait également de l’affection et s’occupait d’elle autant que ses descendants directs. 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      La  Mère du Régent, « La Princesse Palatine »n’hésitait pas à se montrer en public avec la fille de la comédienne. 

(4, 5) source extrait d’une correspondance de
la Duchesse d’Orléans 
(6) sources : extrait du  livre «  Le Maréchal de Ségur »  par Pierre de Ségur    

Un évènement se produisit  un jour, lors de leur présence au Théâtre –Français, où l’on donnait « Œdipe »Angélique occupait avec Madame, le devant de la loge.C’est alors que Mademoiselle Desmares qui jouait le role de Jocaste, demanda qui était cette  jeune fille si belle qui accompagnaitla Princesse.

Elle apprit que cette jeune personne n’était autre que l’enfant qui lui avait été arraché de ses bras et qu’elle n’avait jamais pu embrasser. L’émotion fut telle, qu’elle s’arrêta de jouer et ne put achever la représentation. (7                                                                                                                                                                      

 Quelque temps après sa sortie du Couvent de Saint- Denis et après concertation entre le Régent et Ponce Coche, l’organisation de son mariage  fut décidé dans les plus brefs délais. . C’est  ainsi qu’Henri, François Comte de Ségur deviendra l’heureux élu pour épouser Angélique.   Elle viendra avec une dot de deux cent mille livres.                                                                                                        

La cérémonie se fera en deux temps, le contrat de mariage se fera à Paris le 10 septembre 1718, entouré de  personnages illustres.   Son demi frère, également fils naturel du Régent et élevé par Ponce Coche, le Seigneur Charles de Saint Albin Abbé de l’Abbaye Royale de Saint Ouen et de Rouen, coadjuteur  du prieuré de Saint Martin des Champs de Paris, ainsi que de Jacques Barthelemi de la Brosse, prêtre et docteur en théologie de la faculté de Paris. La présence dela Duchesse de Berry, et de Montseigneur le Duc de Chartres,  Mademoiselle, fille de son Altesse Royale, ainsi que le Régent et Sieur Ponce Coche son tuteur accompagné de  Dame Anne  Bédauré son épouse. 

Du coté du Comte de Ségur ,  le Marquis Henry Joseph de Ségur et  Dame  Elizabeth Binet ses père et mère demeurant  à Paris, dans leur Hôtel rue d’Enfer, paroisse de Saint Séverin accompagnés des témoins.(8)  Un incident se produisit  pendant  le déroulement de cette signature du contrat  de mariage. En effet, « Monsieur D’Argouges, dit M. de Caumartin parent  de la famille de Ségur, refusa de signer et il  fallut un ordre du Duc d’Orléans pour qu’il s’exécute, mais de fort mauvaise grâce »(9) 

 La cérémonie religieuse se fera dans la chapelle  de Ponce Coche Seigneur de
la Maison-Blanche
 à Gagny par  Jacques Nicolas Adam prêtre et  Curé de Gagny  après avoir obtenu l’accord de Montseigneur  le Cardinal de Noailles, Archevêque de Paris, de pouvoir célébrer cette union dans la Chapelle privée de Sieur Ponce Coche,  le 13 septembre 1718, mais  en l’absence de ses parents.

(7) source correspondance de
la Duchesse d’Orléans 

(8) extrait d’une lettre de
la Marquise de Balleroy du 6 novembre 1719 
(9) archives municipales de Gagny 

Dés que le mariage fut annoncé, Ponce Coche et son épouse Anne  s’affairent aux préparatifs de cette fastueuse cérémonie.

De plus c’est une jeune fille qu’ils ont élevée,Ponce Coche en est le Tuteur,  ce n’est pas rien ! 

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Le château avec ses nombreuses pièces est en effervescence. Les huit pièces du rez-de-chaussée,  les onze chambres du premier étage et les dix du second étage sont passés en revue, astiqués. 

Marie-Blanche et Antoine Lefeuvre ainsi que Pierre Notaire tous les trois domestiques des Châtelains sont affairés à nettoyer les cuivres, les parquets mosaïques des chambres et de la  grande salle à manger.

Pour se faire aider, des domestiques des alentours ont été sollicités, la femme d’un vigneron  de Maison Rouge et également une aide cuisinière venant de la ferme Guyot, afin de recevoir les hôtes de prestige dans les meilleures conditions.

La famille Pluyette  fermier de la ferme du château se prépare à fournir, les légumes du potager, les volailles et fruits de saison. (10)

Les nappes blanches amidonnées et repassées avec grand soin, enfin le tout pour la fête !!! 

A  cette époque tous les travaux  ménagers se faisaient à la main. Le choix du menu étudié avec beaucoup de soin  est  prêt et déjà la cuisinière et ses aides se préparent à exécuter des plats raffinés et succulents pour ce prestigieux repas. 

Quant à Claude Gamelin,  jardinier de son état, il prépare le parc, ratisse les cailloux des allées, taille les rosiers et les roses fanées, nettoie la statue installée sur son socle  au centre de l’alléebordée de superbes arbres menant au château. 

C’est ainsi que le 13 septembre de l’an 1718 à la sortie de la Chapelle, tout le monde se dirige  vers le Château qui  ouvre  ses portes aux mariés,  à leur famille, et aux invités  sans oublier le Prêtre,  Curé de Gagny. 

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En pénétrant  par le vestibule, les dames avec leur belle robe à panier frôlent le sol au carrelage à damier noir et blanc, la double porte s’entrouvre vers les salles à manger et le salon. 

Les portes fenêtres laissent apercevoir  la  superbe marquise en  rotonde recouverte de verdure bien taillée, par cette journée justement très  ensoleillée Tous se pressent pour fêter l’évènement et prendre un remontant  pour apaiser les émotions ! 

A gauche , le vestibule du château et son superbe sol carrelé en damiers 

(10) source : archives municipales 

Les invités peuvent alors admirer dans la salle à manger les murs décorés de tâpisserie ,(de la grande cheminée en marbre blanc veiné  sur laquelle repose une superbe pendule en bronze, de chaque côté un candélabre  avec ses bougies.

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Au- dessus de la cheminée  une grande glace entourée de moulure, qui capte par temps ensoleillé  la clarté et le reflet du parc arboré de grands et beaux  arbres. 

Les hôtes du jour peuvent également admirer sur un mur de la salle à manger la superbe pâtisserie(10) de
la Manufacture Royale de Beauvais représentant une scène champêtre,
et sa particularité de tissage : entourée d’une bordure de guirlandes de fleurs vraiment remarquables.     

Dans chaque pièce de majestueux  lustres en bronze doré  à pendeloques de cristal , avec coupelle pour supporter les bougies. 

La grande table nappée de blanc est dressée, garnie de petits bouquets de roses. Les  assiettes de faïence, les  couverts et  les verres  disposés avec soin attendent les convives. Les  serviettes pliées  présentées sur les assiettes.

«   La présentation des serviettes a  été minutieusement choisit selon l’usage de l’époque,  parmi les vingt sept façons de pliage inventées par les maîtres de cet art. (11) 

(10) pâtisserie : nom donné aux reliefs ornementaux en stuc (11) source livre : Images de Paris sous Louis XIV – Auteur E. Magne –Calmann-Levy éditeur 

.Les repas se déroulaient  en plusieurs services successifs et  Imaginons ce  qui aurait pu être servi  ce grand jour de mariage : 

                                                                                                                                             

  Menu (12) 

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 Consommé aux Xérès garni de quenelles                     

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 Carpe à la Maréchale                       

Pâté d’anguilles en brioche 

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Beignets de béatilles du couvent 

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Sorbet à l’ananas et au rhum 

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Langue de bœuf au concombre 

                                                                   

Rôti de bécasses et de ramiers                                                                     

Filet de chapon à la princesse 

               - :- :-               

Granité à
la Romaine 

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Faisan à la broche et aux truffes 

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 Entremets 

                      

Céleris et cardons au poivre                   - :- :- 

                                                              

Gougères au Saint-Germain                           

Sorbet dans une croustade de gaufre 

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 Mille-feuilles                                

Une pyramide de Fruits de saison 

avec                    

Les  Prunes noires de Gagny 

Les pêches de Montreuil et de Villemomble                   

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A volonté les  pains  de Gonesse  plus blancs et plus fins,

pétris par les forains du village

du même nom  qui les vendaient sur les marchés. 

Les béatilles, met très appréciées comportaient : crête de coq, riz de veau, cervelle d’agneau. 

(12)  source :  collection privée de menus sous Louis XIV   

Placées sur la table, des dragées de Verdun déposées dans de petites abaisses de sucre musqué et ambré.  Le repas accompagné de champagne et  des vins choisis dans les caves du Châtelain de Maison-Blanche. Après les agapes, les invités se promènent dans le parc.

Le soir venu après cette belle journée d’automne, ils peuvent accéder par le superbe escalier de bois cirés (13) vers les chambres du 1er étage ou celles du deuxième étage, certaines donnant vers le parc et les autres au-dessus du perron  de l’entrée. 

 escalier.jpg 13

Certaines chambres possèdent de très belles cheminées en marbre gris ou blanc, une autre de style gothique flamboyant (14)  pour faire une petite chauffe à cette époque de l’automne, où les soirées tardives sont un peu fraîches. 

chemineegothiquemodifiee.jpg 14

D’autres reprennent leur calèche avec les chevaux restés maintenus à la borne près de l’entrée de la propriété.(15)  La vie de cette nouvelle Comtesse de Ségur avec son époux se déroulera simplement.   

La Comtesse sera reconnue de tous , épouse et mère exemplaire, elle donnait l’exemple d’un dévouement conjugal, appelée « femme du monde »elle  recevait dans ses salons, réceptions qui rivalisait avec les plus célèbres et les plus recherchées. 

Philippe-Angelique de Froissy Comtesse de Ségur  mourut à l’âge de 85 ans le 15 octobre 1783 dans les écuries de Montseigneur le Duc d’Orléans (père du futur Philippe Egalité), rue de Provence à Paris.

Selon certains écrits , les obsèques d’Angélique Froissy Comtesse de Ségur auraient eu lieu dans la Chapelle de la Vierge en l’Eglise Saint- Eustache de Paris.(16) 

Elle avait été légitimée par le Régent , le 22 avril 1722 en même temps que son demi-frère Charles de Saint Albin, Archevêque de Cambrai.  ((16)  source : revue nobiliaire, héraldique et biographique  nouvelle série tome 8 

De cette union naquirent  cinq enfants,  dont trois décédèrent,  comme cela se produisait souvent à cette époque,  Une fille,  Philippine-Charlotte née le 12 juillet 1719. 

Une fille, Henriette, Elizabeth née le 20 septembre1722.

Le 20 janvier 1724 à Paris des jumeaux naquirent : une fille, Philippe-Angélique, qui ne survivra pas  et un garçon  le seul, Philippe, Henri  Marquis de Ségur et dont la précoce valeur se mesura à coté de son père, aux batailles de Rocroy et de Lawfeld. Louis XVI, le nomma Ministre de la guerre et le conserva 7 années. 

Puis, naîtra Henriette-Césarine de Ségur  le 2 novembre  1726 et  qui est  décédée le 30 avril 1782. Elle avait épousé, Bertrand Gaich Baron de la Crozes, Chevalier de Saint louis.

Le seul fils survivant, de la famille de Ségur, Philippe Henri de Ségur devenu  Maréchal de France fut incarcéré durant la terreur à la prison de  la force.  

Cette prison était un hôtel particulier construit en 1698,  transformé en maison de détention et  servit de prison pour la Ville de Paris de 1780 à 1845. Il sera libéré en 1800 et se trouvant dans une très grande pauvreté,

Napoléon 1er lui fit verser une pension. Il mourut en 1801,et fut  enterré au cimetière du Père Lachaise 

Une précision  « La Comtesse de Ségur connue par ses écrits pour les enfants (bibliothèque rose) n’était pas Angélique, mais  Sophie épouse d’ Eugène de Ségur qui était lui-même arrière petit-fils  de Philippe-Henri de Ségur Maréchal de France 

                                                                                                                        

Micheline Pasquet 

Sources : Ecrits de pierre de Segur et Mémoires de Saint Simon                                 

 Archives de Gagny                                                                                

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