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Inauguration de la mairie en 1890

Micheline raconte 

Une Balade dans le village de Gagny 

2eme partie 

L’Inauguration de la Mairie 

Après cette visite du 7 octobre 1890 dans le village, par nos jeunes mariés, le soir bien fatigués et après avoir exécuté leurs travaux de métayer, ils soupèrent et allèrent se mettre au lit,  Pierre doit  se lever très tôt demain et Louise, doit   se rendre au Château. 

Pendant que la vie se poursuit dans le village et ses environs, Monsieur Léon Bry depuis l’an 1889  tire des plans sur la comète, il a été informé de la vente du Château Laugier Villars et il se dit que cela serait tout à fait bien de l’acquérir et de le transformer en Mairie.  L’ancienne mairie serait quant à elle transformée en école car celle existante devient vraiment vétuste pour les petits villageois. Il  lance cette proposition lors d’un conseil municipal. 


 

Monsieur Léon BRY,  Maire de la commune de Gagny, et après en avoir discuté avec son conseil municipal, décide de se mettre en quête pour trouver une solution afin de  déplacer la mairie actuelle, beaucoup trop exigüe, et en même temps de pouvoir agrandir l’école qui est dans la même situation. Le village s’est considérablement étoffé depuis quelques années. 
La Château du Comte de Laugier Villars  a été vendu  à Monsieur et Madame Peretmère en 1880 et il se trouve qu’ils décident de  mettre en vente le château et le domaine en 1889. 

Très belle gentilhommière,  construite par François Normand en 1715, avocat  au Parlement de Paris Domaine appartenant dans un premier temps à Marguerite Anne Des Michels de Champourcin, épouse du Comte Louis Antoine de Laugier Villars, leur fils Henri, Louis  fut nommé Maire de Gagny par arrêté préfectoral le 25 mars 1813. Il démissionne en 1815 et c’est le Baron Roger qui prit les fonctions de Maire  le 15 Octobre 1815. 

Un conseil municipal extraordinaire est organisé,  et d’un commun accord  il est décidé de se mettre sur les rangs des acquéreurs.  La propriété  est en vente pour la somme de 100.000 francs, 6 très belles pièces, les  écuries et les dépendances qui permettraient  d’installer la brigade de gendarmerie à cheval, et surtout le Parc qui pourrait accueillir les  festivités dans l’année. Mais les projets de Monsieur  Léon Bry ne sont pas très bien accueillis par la population. 

Une enquête publique pour l’acquisition en vue de la mise en place de la nouvelle mairie sera tenue : les lundi 18, mardi 19 et mercredi 20 février 1889. 

Cette enquête publique révèle que la population n’est pas d’accord   pour la majorité mais,  attendons les souhaits de tous les  Villageois. 

Le Procès- verbal d’enquête de commodo et incommodo  sur le projet d’acquisition d’un immeuble par la commune pour y établir la mairie et transformer l’ancienne mairie en nouvelle école maternelle est rédigé. De nombreux Villageois se manifestent pour lire la proposition d’acquisition. Certains s’inquiètent, ils ont peur que cela déclenche une très grande augmentation d’impôts, d’autres en discutant soulignent que la mairie actuelle est bien suffisante pour le village.  Le Maire a des idées de grandeur il va se prendre pour «  un châtelain » !!! Au sein du Conseil Municipal,  les plus opposés sont Messieurs Jacquet et Frambois. Monsieur Léon Bry a précisé  très souvent qu’actuellement   il y avait 3200 âmes et qu’il fallait compter d’ici peu de temps au moins 4000 pour les années à venir mais rien ne les faisait fléchir : droit dans leurs bottes… 

Dans cette opposition ferme,  nous trouvons les signatures : de Monsieur ARNAULT Paul  Pharmacien, complètement opposé, Messieurs ELIOT Frédéric Propriétaire du quartier de l’Epoque qui trouve que c’est absolument inutile, TROUBLE  Alfred  fruitier de profession, DAUPHIN Alexandre champignonniste,  Paul Royer fabricant de plâtre . Mais heureusement il y en a qui sont vraiment du côté de Monsieur Léon Bry et eux trouvent que c’est une excellente idée et signent des deux mains : Messieurs DENOS Léon pâtissier, GUYOT jules charretier, Les frères ALEXANDRE Eugène et Edouard et LANDRE Jean jardinier et bien d’autres signatures tout aussi emballées pour ce projet .. 

A cette époque il faut remarquer que ce ne sont que des Messieurs qui se manifestent !! Ces dames ne sont pas sollicitées pour donner leur avis. Petite constatation d’une femme : «  ce n’était pas l’époque… » Il en résulte  à la fin de l’enquête publique qu’il y a  119   pour et 91 contre. 

La décision sera prise le 20 février pour l’acquisition du Château Laugier-Villars. Le conseil municipal se réunit et  par une délibération du 2 avril 1889 décide de l’acquisition de cet édifice pour y installer la nouvelle mairie pour la somme de 70.000 francs. 

Monsieur le Maire et son Conseil Municipal sont heureux et vont préparer une grande fête pour l’Inauguration. L’annonce est faite par voix d’affiche  dans la ville l’INAUGURATION aura lieu 

 le 12 octobre 1890 à midi, devant le Château de Monsieur Laugiers-Villars qui deviendra à cette occasion
la Mairie de Gagny, tout un programme pour ce petit Village près de Paris. 
De nombreux Villageois se manifestent pour lire la proposition d’acquisition 

La vie et le travail continuent en attendant de pouvoir aller assister en spectateurs avec les autres villageois à l’inauguration de la nouvelle mairie. Les habitants se passent le mot de bouches à oreilles pour s’y rendre, car ce  doit être une cérémonie tout à fait extraordinaire pour de petites gens comme Louise et Pierre ainsi  que pour tous les cultivateurs, vignerons, fermiers des environs. Une grande fête se prépare et les abords de la future mairie sont  en effervescences.  Installation de banderoles, préparation d’une estrade afin que les autorités puissent faire leur discours. A l’intérieur, préparation des salles ainsi que la mise en place de cocardes, drapeaux afin d’honorer le Président de
la République, ce n’est pas tous les jours qu’il vient à Gagny. 


La Châtelaine  du Château de Maison Blanche Madame Teusch réunit ses gens de maison pour leur donner des instructions concernant cet évènement. Au château ce jour là, il est prévu le soir, un grand diner pour fêter cet événement avec des invités de la région , en particulier le Maire de Neuilly sur Marne avec qui les relations sont les meilleures. Monsieur Georges  Rémond, les famille Alexandre , Barthelemy, Guichard, et bien d’autres.                             Le Château est en ébullition et les femmes de service aussi ! Louise aidera comme toujours la cuisinière pour confectionner ses délicieuses préparations 

Mais pour Louise c’est un grand jour venant de son Village de
la Haute-Saône, elle n’avait jamais eu l’occasion de voir ou d’apercevoir le Président de
la République . Elle pense qu’il va lui falloir une toilette présentable pour se rendre avec tout le monde devant cette nouvelle mairie. Elle pense que sa jupe en coton noir et sa belle blouse blanche seront correctes et sur sa tête une coiffe de sa région qu’elle porte pour faire connaître ses origines, Pour Pierre le costume de marié fera l’affaire, il va sentir un peu la naphtaline, mais qu’importe, ils seront à l’extérieur..  Dans leurs travaux quotidiens ils ne pensent plus qu’à ça. Contents car ils vont pouvoir rencontrer d’autres métayers de Gagny, des vignerons et peut-être se faire de nouveaux amis. Pierre originaire d’une famille de cultivateurs dans le centre de Gagny connaît déjà certains fermiers, et c’est toujours un plaisir de se revoir, il se réjouit de  retrouver des jeunes gens qu’il a côtoyé dans son enfance et il en profitera pour faire admirer sa jolie petite Louise dont il est très fier , d’autant que profitant de  cette même occasion, ils annonceront qu’un héritier arrivera début de l’an prochain en 1891…

                                                   Le 12 octobre 1890 à Gagny

 Les distractions sont rares et il ne faut pas manquer l’occasion. 

Le jour « j » arrive tout le monde se dirige vers  l’ancien Château, les invités se pressent pour saluer le Maire ,  les Notables , le Médecin arrive avec sa calèche et sa valisette de soins, pressentant qu’il y aurait peut-être des malaises dans la foule. Les villageois en grande tenue approchent avec beaucoup de discrétion, ils ne sont pas habitués mais ils veulent voir le Président de
la République Monsieur Carnot .
 « SADI Carnot né le 11 aout 1837 à Limoges , décédé le 11 aout 1894 à Lyon . 5eme Président de
la République du 3 décembre 1837 à la date de son assassinat le 25 juin 1894 à Lyon
 » 

 On peut apercevoir les dames du village habillées et chapeautées comme pour une noce, les messieurs sont endimanchés,  bien souvent comme pour Pierre dans leur costume de marié, (devenu un peu étriqué avec les années passées) et qu’ils ne mettent qu’aux enterrements ou pour cette occasion exceptionnelle. Il fait une  belle journée d’automne,  les arbres se sont revêtus de leurs feuilles rousses pour honorer cette fête. Le décor est planté. Un peu avant midi le vrombissement d’un moteur se fait entendre, tous se pressent pour voir.  Des murmures et exclamations surgissent : 

« c’est le Président Carnot » accompagné de son Ministre de l’intérieur Monsieur Constans.  Le préfet de Seine et Oise Monsieur Bargeton et son sous -Préfet Monsieur Druard, arrivés peu de temps avant.  Monsieur Léon Bry, fier et en grande tenue les accueille avec émotion. Pour lui c’est un grand jour… A midi, la cérémonie commence sur l’estrade installée à cet effet, Les discours se succèdent et chacun de ce public de villageois boit les paroles de cette haute sphère. 

Après les discours de cette Inauguration en grande pompe, les villageois en très grand nombre sont invités à prendre un petit verre d’amitié et surtout signer le grand registre afin d’y laisser une trace de cette journée. Ils   pénètrent pour la première fois dans cette demeure seigneuriale devenue  maintenant leur Mairie.  On peut voir les familles Alexandre, Guichard, Guillet, Guérin, Jacquet , Pavy, Mme Emma-Arnoult de Chicago Gills Vve Denos sans oublier le Curé de
la Paroisse Saint Germain, Jean-Baptiste Baltus né le 28 janvier 1843 à Laix Meurthe  & Moselle, décédé à Gagny le 19 avril 1910 dans  sa charge)qui a d’ailleurs fait sonner les cloches à 12 heures précises à toute volée.  Des gens tout simples, même en tenue de travail car la vie continue et ils n’ont pas toujours des habits de cérémonie, mais ils sont présents  c’est l’essentiel.les villageois, ceux qui osent et savent signer déposent avec émotion leur paraphe .Après avoir bu un petit verre de vin de Gagny offert par les vignerons, et déguster quelques douceurs, tous retournent à leurs occupations. Ils ne sont pas prêts d’oublier cette cérémonie
 

tout a fait exceptionnelle et qui dans leur esprit sera surement la seule à laquelle ils assisteront au cours de leur vie simple…Des conversations sont menées à  bâtons rompus entre certains , et des questions sur le fonctionnement de leur nouvelle mairie. Comment va-t-on pouvoir côtoyer notre Maire Monsieur Léon Bry maintenant qu’il sera dans son grand Château-Mairie ?ils sont un peu inquiets, car impressionnés , tout va être changé …D’autres commencent à repartir vers leur ferme ou leur belle demeure de Gagny pour certains qui se sont déplacés des villes avoisinantes, ils repartent avec leur calèche ou  tout simplement avec une charrette aménagée en transport pour cette occasion. Louise et Pierre après s’être rafraîchi à la nouvelle mairie et avoir rencontré les amis de Pierre, et beaucoup discuté de leur avenir, des projets et ce que pourra leur apporter cette nouvelle mairie décident de continuer leur visite du village tout en se dirigeant vers leur retour. Certains sont des gens de maison du Château de Maison-Rouge qui se sentent un peu isolés sur leur montagne comme on appelle ce  lieu-dit et ou se trouve le Château, le valet de pied  Jean Lafargue, la cuisinière Angélique Gauthier et son Epoux Julien le  jardinier, une des femmes de Chambre Marguerite Guyot, l’autre partie du personnel de maison était restée au Château, ils ne pouvaient pas tous assister à la cérémonie. 

Louise et Pierre décident d’accompagner les fermiers de
la Ferme Guyot,  en profitant des chemins pour pouvoir découvrir sur
la Montagne la ferme du Château de Mont -Guichet, une bonne côte les attend mais qu’importe, ils sont jeunes et Pierre veut faire découvrir à Louise les coins et recoins de son village. Ils se dirigent sur le côté du Château Laugier Villars à sa gauche et empruntent la grimpette, ils ne sont pas très loin de
la Ferme Guyot, une des plus grosse ferme du village, les conversations vont bon train. Au détour d’un petit sentier et se trouvant sur les hauteurs de Gagny, les jeunes se séparent de Louise et Pierre qui eux continuent en empruntant le lieudit « la barrière 
verte »puis ils pénètrent par les bois dans le lieudit « Le parc de Mont -guichet » 

ils découvrent enfin le Château de Mont-Guichet, avec sa grosse ferme et  «  La laiterie ». Ils sont accueillis par les fermiers qui eux n’ont pu se rendre à cette manifestation dans le centre du village, n’étant pas assez nombreux pour laisser la ferme du château, et surtout servir les gens qui viennent chercher le bon lait de leurs vaches. Ils sont contents d’avoir des nouvelles et se réjouissent à l’écoute des explications de Louise et Pierre, qui leur décrivent le déroulement de cette fête. Ils les invitent à s’approcher pour admirer 
la Château de Mont-Guichet dont ils dépendent et sont fiers de leur faire découvrir cette belle bâtisse. 

                                                                    

Château connu par l’Abbé Lebeuf depuis 1330 qui le cite dans ses écrits. Il appartenait à la fille du roi Louis X Jeanne de Navarre, ensuite c’est le Chevalier de la croix, et en 1640 il appartient à Jacques  Boucher, Aumônier du Roi., il abritera également diverses personnalités, Jean Bodin conseiller du roi Henri III, Voltaire,  Jean-Baptiste Sylva médecin de Louis XV,  et Jean-Hyacinthe Hocquart Il se situe a une altitude de 109 mètres, point culminant du Village de Gagny, aussi haut que le château de Maison-Rouge. 

Le château sera occupé par les Prussiens en 1870 jusqu’au 20 septembre 1871, et c’est de cet emplacement qu’ils envoyaient des obus sur le Plateau d’Avron tenu par les Français, situé sur la colline en face, dans le haut village de Neuilly Plaisance. Ce domaine deviendra la propriété de Madame Hocquart pendant une longue période, En 1890  c’est   le Baron de Laumond grand père d’Armand Marquiset. 

 Armand viendra au monde dans ce château le 29 septembre 1900. Il y vécut heureux et  choyé mais devenu adulte il mène grande vie, de façon  désordonnée  dans la vie mondaine et dilapida une partie de sa fortune. La mort de sa grand-mère le perturbe et c’est à ce moment de sa vie qu’il décide alors de se consacrer aux pauvres en fondant « Les Petits frères des Pauvres » en 1946. 

Les métayers de
la Laiterie après leur avoir décrit la superbe bâtisse de leurs patrons, les invitent à prendre un grand bol de lait avec du bon pain de la ferme afin qu’ils puissent reprendre la route en direction de leur ferme de Maison-Blanche pour être présents lors de la réception donnée par Madame Teusch. Louise y est attendue pour seconder la cuisinière comme à son habitude, elle commence a être un peu fatiguée avec son ventre qui prend des formes arrondies, doucement mais surement… 
Après cette nouvelle rencontre agréable Louise et Pierre reprennent la route,  en descendant par le chemin de Mont-Guichet  bordé de tous les pruniers donnant les  « prunes noires de Gagny », et divers autres arbres fruitiers. L’automne arrive à grand pas et les feuilles des arbres se transforment en se donnant de belles couleurs rouge et brunâtre, quelques oiseaux avec leur chant mélodieux les accompagnent dans leur retour. Après quelques mètres dans le chemin de Montguichet , ils arrivent au dessus du pont de chemin de fer  enjambant la ligne  Paris-Strasbourg, ils entendent le rugissement d’une locomotive qui est toute proche avec son panache de fumée noire. Le bruit de cet engin moderne est beaucoup moins mélodieux que les petits oiseaux qui les accompagnaient pendant leur descente vers leur ferme, mais il faut subir le modernisme qui amènera de grandes choses dans la vie courante de chacun.  Ils approchent de leur ferme et aperçoivent au loin les cimes des grands arbres du Parc du Château de Maison- Blanche où le travail les attend. Mais après une si agréable journée bien occupée, fatigués, mais tellement heureux d’avoir pu discuter avec des gens de leur condition sociale et avec de la jeunesse. 

Ils attendront avec impatience le jour ou ils se rendront tous ensemble pour aller saluer  les gens de Maison du Château de Maison Rouge, et découvrir un nouveau coin de ce si joli petit village de Gagny. Louise est enchantée par toutes ces découvertes et elle ne regrette pas d’avoir suivi son Pierre pour cette région près de Paris après leurs épousailles. Maintenant attendons la naissance du bébé… 

Le Château de Maison-Rouge 

C’est sous le règne d’Henri IV que la construction d’habitation des prieurs fut entreprise dans les dépendances du prieuré des Bénédictins. Le logis bâti en briques rouge de bourgogne avec un encadrement de pierres de taille prit naturellement le nom de Maison Rouge. Le château situé sur la colline (la montagne comme la nommait les villageois) point dominant le village de Gagny , il domine également la vallée de
la Marne par des pentes assez abruptes . 
La colline par la nature de son sous sol est un réservoir d’eau qui alimentent le village en contrebas. 

Le Duc d’Orléans est propriétaire depuis 1845 . Petit château flanqué d’une tourelle ronde. Une ferme s’élevant au sud fait partie des communs. Une chapelle a été érigée ,  à la demande de Madame de Ferrary et c’est en 1663 qu’elle sera bénie pour y célébrer la messe du jour dela Saint Fiacre. 

  

                                                                                                            Micheline Pasquet Sources : 

Archives communales de Gagny  Archives départementales de Bobigny Documents : personnels et archives de Gagny 

une balade dans le village de Gagny

Micheline raconte :

Une balade dans le village de Gagny

Louise et Pierre profitant d’une très belle journée d’automne et de quelques heures  de repos, décident d’aller faire une promenade jusqu’au Village. Pierre natif de Gagny dans une famille de cultivateurs vers le centre du bourg. Il est  fermier depuis peu de temps à la ferme du Château de Maison-Blanche.  
Joli petit Château de pierres blanches construit au 18eme siècle .Il a eu deux propriétaires. L’un, le Sieur de Plainville et de Maison Blanche, secrétaire d’un trésorier du roi Louis XIII,  l’autre fut Ponce Coche (1er Valet de Chambre du Duc PhilippeII d’Orléans le Régent).   

Cette demeure Nobiliaire connut le 13 septembre  1718, un mariage célèbre. Celui du Comte François Henri de Ségur , gouverneur du pays de Foix, lieutenant général de Brie et de Champagne  avec
la Demoiselle Philippe Angélique de Froissy, fille naturelle du Régent, élevée dans cette demeure par l’épouse du châtelain Marie-Anne Bédauré et ayant  comme  Tuteur le propriétaire de ce joli  Château. 
On en parle encore, de ce célèbre mariage ! 

Dans ce petit coin de Gagny, nous imaginons ces dames avec leur belle robe à panier, l’arrivée avec élégance des calèches de tous les Seigneurs des environs. Nous ne savons pas si le Régent s’est déplacé, c’est une question sans réponse ! Mais au début de l’an 1890,  Louise  native de
la Haute – Saône, de Fougerolles précisément vient à Paris pour  trouver du travail. Par pur  hasard,  elle  fait  connaissance avec Pierre chez la cousine de ce dernier. Une idylle s’est crée pour se terminer par un mariage au mois d’avril de cette même année. 
Louise  par bonheur  a obtenu un emploi au Château Chez le Banquier Teusch. Elle sera une des  femmes de chambre, au service de cette famille de banquier de Paris, nouveau propriétaire depuis 1884. 

Après le mariage qui a eu lieu dans le village de Louise, le 12 avril 1890 à  Fougerolles, c’était la coutume de se marier dans la famille de la jeune fille.

Dès leur retour à Gagny ils se sont installés dans leur petit nid réservé au sein de la petite ferme appelée d’ailleurs « petite maison » Ils ont découvert une petite  salle commune meublée simplement et une chambrette avec un lit recouvert de tissus style cretonne de l’époque. Logis simple mais accueillant pour ce jeune couple.
La Châtelaine s’était particulièrement penchée sur l’installation. Très sociale, elle souhaitait qu’ils se sentent bien. Il faut préciser qu’elle avait dù penser que si les employés étaient heureux, le
service serait bien fait, mais malgré tout, la femme du banquier était une femme aimable. 

Louise arrivée depuis peu dans son nid, jeune mariée avait eu comme présent lors de son mariage en Haute-Saône un bénitier de  maison qu’elle s’était empressée d’accrocher au seul clou existant sur le mur de la salle commune. La religion tenait une grande place au sein des familles. Il ne faut pas oublier d’installer le coffre de mariage amené de chez ses parents, offert par son père selon la tradition.  Superbe coffre en bois sculpté sur la façade. A l’intérieur du couvercle, un décor champêtre. Il  contenait du   linge personnel mais  également quelques draps brodés par elle-même et  sa mère, de la vaisselle et d’autres ustensiles de ménage. Ce coffre de mariage sera déposé dans la petite chambre en attendant d’y mettre dans quelques temps un petit berceau que son père fabriquera surement. Espérances de Louise et Pierre, mais il faut déjà s’installer. Elle verra ensuite pour décorer le lieu ou elle va vivre avec son Pierre. 

Après leur installation et leur début de vie maritale, ils ont tous les deux la chance de pouvoir s’absenter ce mardi  7 octobre 1890. Une journée de repos, avant les grands travaux d’hiver à la ferme et pour elle, la préparation pour le dimanche à venir  d’un diner important avec  de nombreux Notables des environs,  au Château. Ils se sont mis sur leur trente et un pour aller en ville. C’est le début de la matinée, le soleil les invite à aller découvrir le village.. Les feuilles des arbres se sont parées d’une très belle couleur dorée et rouge, les odeurs de l’automne se font sentir. En passant près du  parc du château, ils croisent les jardiniers qui s’affairent avant l’hiver à la taille des arbustes, des roses fanées, au ratissage des allées  et, à la préparation de certaines plantes fragiles pour les entreposer  dans l’orangerie en prévision de  la mauvaise saison qui s’approche. Puis, ils passent près de la nouvelle petite chapelle construite en 1814 par Monsieur et Madame Brodelet. (Celle qui a connu le mariage de 1718 aurait été démolie lors de la guerre de 1870). Louise s’y rend pour ses dévotions lorsqu’elle a un peu de liberté dans la journée. En continuant leur parcours après les murs de pierre du domaine, ceux-ci ayant été construits en 1719 pour clore la propriété très étendue. Ils  traversent les bois.  Les hêtres, les chênes et les bouleaux dégagent d’agréables  odeurs  d’essences variées, ainsi que celles de champignons cachés dans la mousse au pied des chênes. Soudain,  un oiseau les interpelle avec son chant mélodieux qui leur fait comprendre qu’ils franchissent son territoire, mais en récompense, il  leur offre des trilles agréables. Louise a une passion pour les  chants d’oiseaux et aime à se balader seule pour entendre leurs chants. Ils s’arrêtent un instant afin de pouvoir profiter  de l’automne  et écouter ce petit oiseau. Ils profitent de cet instant de quiétude pour s’asseoir sur l’herbe et manger un petit morceau de pain et de lard avant de pénétrer dans la civilisation villageoise. 

Ils s’étaient levés très tôt pour pouvoir partir en ballade, avant  il fallait nourrir les bêtes : vaches,  poules, etc.  Ce petit encas est le bien venu. Après   avoir repris des forces, ils poursuivent leur chemin par de petits sentiers en direction du village. Louise et Pierre franchissent les limites du domaine et arrivent dans le lieudit « le grimpet »Ils découvrent alors,  un superbe point de vue sur le plateau d’Avron qui leur présente les couleurs des arbres également parés d’ocre et de rouge. Continuant leur promenade, ils longent la nouvelle voie ferrée construite en 1850 et qui dessert Paris à Strasbourg par un chemin de fer avec sa locomotive à vapeur rugissante et fumante. Un trajet totalement inconnu pour ce jeune couple. Soudain,  un grondement sourd,  ils aperçoivent  de la fumée grise au loin provenant de la direction de Paris. C’est l’heure du passage de ce nouveau moyen de transport. Impressionnant pour ces jeunes. Après quelques mètres, ils sentent une odeur qu’ils connaissent bien, «  le parfum très fort » des vaches, poules et cochons qui provient de la ferme située en bas à gauche du chemin en pente qu’ils viennent d’emprunter pour arriver face au lavoir municipal  de Gagny. 

De là,  ils perçoivent des bruits bizarres.  Des claquements qui en faît, sont  le bruit des battoirs sur le linge. Les voix des laveuses et leur langage imagé les surprend un peu, mais malgré tout,  ils ont l’habitude du franc- parler, eux qui fréquentent quotidiennement les gens de la terre, simples et directs.  Ils sont interpellés par un appel : le marchand de peaux de lapins « peaux d’lapins, peaux »s’écrie-t-il !!! Ils sourient en voyant ce brave homme portant sur son bâton les peaux récoltées à droite et à gauche. Tout de suite après le colporteur, une voiture à cheval et le claquement du fouet du cocher, le crissement des roues de la calèche sur la de la route pavée allant de Neuilly sur Marne à Gagny, ils se serrent l’un contre l’autre pour laisser passer ce  voyageur  pressé par ses obligations, c’est le Médecin du Village. Après le passage de cette calèche le cheval a laissé une marque odorante sur le chemin ; un petit tas de crottin !!! 

Louise et Pierre arrivent près de
la Place du Marché après avoir emprunté pendant quelques mètres  la rue de Chelles qui comme son nom l’indique était la voie qui allait de Gagny à Chelles, rue étroite  et pavée, longée de maisons accolées les unes aux autres comme pour se tenir chaud en hiver ou au frais pendant la belle saison. . A l’entrée de cette petite place du Marché, Louise et Pierre  s’arrêtent pour regarder  l’atelier du maréchal-ferrant, d’où se dégage une forte odeur acre, celle de la corne brulée. Devant la porte le cheval Pompon attend patiemment ses soins de « pédicurie ». 
Ils entendent les allées et venues du soufflet sur la forge qui attise le feu, et le claquement du marteau sur le fer à cheval posé sur l’enclume. 

Puis,  ils se dirigent vers le magasin « le bon Marché ». En passant devant un immeuble face à la place, où se trouvait jusqu’en 1870 la mairie. Tous les deux admirent cette si jolie place pavée, avec ses deux rangées d’arbres, «  elle a fière allure notre place du marché » s’exclament-ils, vraiment très belle, ils sont contents de pouvoir la parcourir et d’admirer tous ces  commerces variés  qui la  bordent de chaque côté des trottoirs. Louise est très attirée par la devanture de la boutique  «Au  Bon Marché », tenue par les demoiselles Pruvost,  De petites broderies sont pendues ainsi que des vêtements de travail, des chapeaux,   des canevas, des bavoirs, et brassières en coton brodés pour bébé etc. Par l’entrebâillement de la porte, elle aperçoit les étagères avec les fils à coudre, les soies à broder. Elle pénètre pour admirer les boutons de nacre blanche si bien rangés dans les tiroirs, les rubans, et diverses passementeries. Car il faut souligner qu’à cette époque les femmes cousaient beaucoup, surtout à la main,  les machines à coudre étaient réservées à une catégorie de la société plus élevée que les femmes de chambre, qui avaient peu de moyen. Devant la vitrine il y a une table avec des tissus divers et variés chatoyant à l’œil.  A coté  de cette boutique se trouve un bazar, vente d’outils de vigneron, de fermier, des paniers, et devant la vitrine  se trouve également à la vente un Landau de style Anglais monté sur de grandes roues pour le confort du bébé. Pierre est très intéressé par certains outils manquants à la ferme, il se renseigne pour un éventuel achat, mais Louise est pressée d’aller un peu plus loin où il y a un autre magasin de bonneterie dans lequel elle espère trouver ce qu’elle cherche pour son habillement. A nouveau un bruit de sabots les fait se retourner, une calèche arrive sur les pavés en faisant un joli bruit de cliquetis harmonieux. Une dame chapeautée, installée confortablement et, son cocher à l’avant muni de son grand fouet, les rênes à la main pour diriger l’animal chevalin. Que ce doit être agréable dit Louise à son époux, de se faire transporter de la sorte, Pierre lui répond en opinant de la tête, en  pensant que surement jamais ils n’auront l’opportunité de se laisser véhiculer dans une calèche aussi somptueuse que celle-là ! Le village est animé, des badauds comme eux et, certains commerçants sont sur le pas de porte pour inviter les promeneurs à connaître leur produit en vente. Ils repartent pour continuer leurs  éventuels achats et leur visite. Ils découvrent le nouveau magasin à la mode  qui deviendra célèbre par son nom :  « Le Comptoir Français »au milieu de cette rangée de commerces. Plus loin le magasin attendu par Louise «  Au petit Soleil ».Là, elle veut comparer avec ce qu’elle a pu admirer dans  l’autre boutique. Ils ressortent sans rien acheter,  trop cher pour leur petite bourse de métayer. En avançant, un peu plus loin se trouve l’échoppe du cordonnier. Paré de son tablier de cuir, assis sur un petit tabouret, il est en train de réparer une chaussure bien malade qui est posée sur une sorte de pied en métal. Il faut dire qu’à cette époque les villageois marchaient beaucoup, et parcouraient de nombreux kilomètres. Les chemins étaient souvent d’un accès difficile et boueux à la mauvaise saison. Des peaux pendaient derrière lui et, dans ce petit atelier une odeur de cuir et de graisse faisaient frissonner les narines. Un salut à cet ouvrier d’art et ils continuent leur chemin. 

En face, au n° 8 de la place, se trouve  une officine, « 
la Pharmacie Centrale » ce qui est assez nouveau pour l’époque.  De superbes bocaux teintés avec des étiquettes sur lesquelles sont mentionnés les noms latin des  plantes ou tout autre chose qui s’y trouve.. Dans la vitrine des affiches sur l’hygiène du corps et invitation à acheter des  onguents pour soulager les maux divers. La réclame  de l’eau Badoit pour ses bienfaits sur la digestion.  A l’intérieur de la pharmacie, l’Apothicaire comme on la nommait autrefois, Mme Melot, femme savante car, en 1890 elles n’étaient pas très nombreuses à pouvoir exercer cette profession, comme celle de médecin également…De nombreuses années d’études et, c’était surtout réservé à la gente masculine !!!! et à une catégorie sociale. 
Louise et Pierre pénètrent dans cette officine, une nouveauté pour des gens de la campagne. Ils demandent des conseils à Mme Melot qui les impressionne par ses connaissances du corps et des remèdes à prendre. Ils ressortent de ce lieu un peu magique,   contents d’avoir pu obtenir des renseignements aussi chaleureux et ils ont appris beaucoup de choses. Ils sont un peu plus savants. La cloche de l’Eglise Saint-Germain tout près sonne trois heures de l’après-midi. Ils sont un   peu fatigués, et pensent qu’il serait bon de se rafraîchir avant de continuer leur promenade. Près de cette pharmacie se trouve l’école où les enfants sont en récréation. Ils entendent des chansons enfantines et le claquement de la corde à sauter. Les petits garçons jouent sur le sol avec des billes ou des osselets. A côté de cette école se trouve
la Maison commune.  Le Président des Assemblées Municipales (Maire)  est  Monsieur Léon Bry. A ce moment il arrive et, leur fait un signe de tête, en pénétrant dans la cour de l’école pour assurer le bon fonctionnement de la ville,  pour quelques temps encore,  car ensuite il prendra possession de sa nouvelle et belle mairie dans le Château du village. 
Ils continuent car ils savent qu’il y a   un café qui se trouve près de l’Eglise. Sur le trottoir une ou deux tables sont installées avec des chaises. Il fait bon  cet après-midi d’automne, c’est le moment d’en profiter, et il sera agréable de s’asseoir un petit moment en dégustant une limonade, ce n’est pas cher et cela fait du bien.. Puis ils poursuivent leur chemin. Dans la rue de Villemomble pas très loin de l’école, est installée une boutique d’épicerie fine, dont les odeurs des produits se font  sentir jusque dans la rue. Les passants peuvent humer les épices venant des pays lointains ou tout simplement les herbes sèches  pour améliorer le goût de la cuisine. A l’intérieur, des bonbons multicolores, des coquelicots, des violettes dans des bocaux de verre transparent, des roudoudous, des rouleaux de zan avec une petite perle de couleur au centre de ce ruban magique, si appréciés des petits ou grands gourmands. Ils continuent leur parcours découverte du village en empruntant la rue Brodelet. Ils passent devant la gendarmerie qui  se situe juste au coin. Le gendarme Thibault Théodore est de faction près de la porte d’entrée. Ils arrivent enfin devant le café et s’installent comme ils l’avaient prévus pour prendre un peu de répit, le patron gros bonhomme jovial, protégé par  son grand tablier bleu jusqu’en bas des chevilles vient leur  parler pour prendre leur commande, et  leur demander de quel coin de Gagny ils viennent, ne les connaissant pas encore. Ils papotent pendant un petit moment et après leur rafraichissement, décident de reprendre leur parcours.. 

La promenade continue  vers l’Eglise Saint-Germain  pour que Louise puisse faire une petite prière, mettre un cierge. Il ne lui est pas facile de se rendre à l’Office du dimanche. Elle se rend à la chapelle du château mais ce n’est pas l’Eglise du centre du Village. L’église a été  édifiée en 1839. A l’intérieur,  son superbe autel en bois sculpté par Cruchet en 1872. Bien souvent le dimanche ou les jours de fêtes,   il y a réception au Château de Maison –Blanche, impossible de se rendre à la messe.  Louise travaille toute la journée, tôt le matin, et jusque très tard dans la soirée pour tout ranger avec le Valet de chambre Joseph Brush, l’autre femme de chambre comme elle, Angelina Gorbeloni qui arrive tout droit d’Italie, et Louise aide également la cuisinière Eugénie Guevauviller qui est un  cordon bleu apprécié par les Châtelains. C’est pourquoi, ils ont plaisir à inviter pour  des déjeuners ou diners les Notables de Gagny ou des villes avoisinantes comme Gournay -sur -Marne ou Livry-Gargan. Il fait bon vivre dans ce joli petit Château décoré avec soin et raffinement. Revenons auprès de nos deux visiteurs du Village. Louise sort de l’Eglise, ravie elle a pu faire les prières pour tout ceux qu’elle aime, tout va pour le mieux… Et bras -dessus, bras -dessous ,ils reviennent sur leur pas car ils veulent découvrir  le Château de Monsieur le Comte de Laugier-Villars, qui va devenir  d’ici quelques temps, courant de cette année, « l’inauguration est prévue le 12 octobre  1890 »,  
la Mairie et, accueillera pendant son mandat le Maire Léon Bry élu en 1884. 
Gentilhommière construite en 1715 par François Normand avocat au Parlement de Paris. Monsieur le Comte Laugier Villars a été lui-même maire en 1848 

Mais l’heure tourne et, il faut penser  revenir à la ferme, car Pierre a du travail malgré  la permission donnée par le Châtelain de s’absenter cette journée. Il faut qu’il nourrisse les animaux de la basse-cour, les vaches et cochons avec l’aide  du valet de ferme Eugène Leloup ainsi qu’Anatole Mozille le charron. Tous s’entraident pour le travail.  Ils reprennent le chemin du retour, cette fois ils remontent par la rue de Chelles. Après quelques pas ils sont surpris par un remue-ménage ! L’éleveur de cochons M. Ponthieux est en train de trier ses porcs, afin de choisir ceux qui vont devenir des jambons…entre ceux qui sont les plus dodus.  Ces petites bêtes bien sympathiques et nourrissantes  sont  très odorantes, très bruyantes et animent la rue… Un peu plus loin et heureusement pour l’odeur très tenace des porcs,  une laveuse du lavoir municipal se trouve devant  sa porte assise sur une petite chaise. Petite bonne femme ronde dans sa jupe étoffée par des jupons,  la taille serrée par un lien, avec  son chignon monté sur la tête, ses joues rouges qui lui donnent un air de bonhomie. 

Ils se saluent et bavardent quelques instants tous les trois, Louise s’informe des conditions de travail de cette brave dame, Marguerite lui explique que tous les jours très tôt le matin, elle  descend avec le linge de ses patronnes sur sa brouette pour se rendre au lavoir municipal.  Elle y retrouve ses amies. Le terme n’est pas vraiment  exact car il existe entre elles une rivalité assez forte qui entraine quelque fois  des crêpages de chignon assez spectaculaires !!! Elle parle fort, l’habitude du bruit dans son lieu de travail et de plus, elle n’est pas toute jeune, percluse de rhumatismes à cause de l’humidité chaude et  constante, dans le lavoir. Sa gaité fait plaisir à voir, elle s’exclame et rit aux éclats comme une petite fille. Elle souhaite aux deux jeunes tourtereaux un bon retour et bon courage pour la fin de journée. Pour tous les deux c’est un plaisir de faire connaissance avec des villageois, car à Maison-Blanche ils sont un peu isolés. C’est les bois et la campagne malgré qu’ils ne sont pas loin. Après avoir parcouru quelques mètres, le décor est totalement différent dés qu’ils passent devant les carrières qui commencent à être exploitées. Une poussière blanche a envahie les lieux, Louise trouve une certaine ressemblance avec un jour de neige. Ils suivent encore la rue de Chelles et arrive à la  route de Gournay, nom donné également selon la direction, cette route rejoint Gournay sur Marne. Pour le retour, ils vont la  suivre  jusqu’au lieudit
la Glacière de Maison-Blanche car Pierre  veut faire découvrir à Louise la plantation de pruniers qui doit appartenir à la famille Moisan fermier du centre du village, et dont elle a entendu parler par la cuisinière du Château qui avait fait des confitures pour les enfants. Louise connaît plutôt les grands vergers de cerisiers qui sont la spécialité de son village Fougerolles, et de plus avec les fruits se fabrique le Kirch réputé même à Paris. 
Elle découvre effectivement les vergers et se dit que l’année prochaine , elle essayera de se procurer ce délicieux fruit qu’est  la prune noire de Gagny, pour la goûter et en faire également des confitures pour son mari et elle-même. Après avoir observé les vergers, ils continuent d’avancer  en empruntant le nouveau pont qui enjambe la voie de chemin de fer nouvellement installée. Ils avancent en entrant à nouveau dans le bois qui entoure le domaine du Châtelain, ils arrivent à la fin de leur promenade. Ils sont fourbus mais ravis, le travail  de la ferme attend Pierre, pour Louise elle va préparer le repas car ils n’ont pas beaucoup pris le temps de se nourrir, ils ont préféré profiter de leur  visite dans le village.. La suite à une prochaine fois….. 

                                                                  

Micheline PASQUET   

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